Docteur Google et Mister HON

Docteur Google et Mister HON

« Le docteur Google, dit-on, est devenu le premier médecin du pays ! » C’est en ces mots que le député Jean Mallot a adressé, en séance à l’Assemblée nationale, une question au gouvernement ayant trait à la qualité de l’information santé disponible sur internet. S’en est suivi une réponse sur la certification des sites santé et le label « HON » dont vous avez certainement croisé le logo ici et là sur la toile.

Alors qu’une étude publiée par IPSOS en janvier 2011 annone que 59% des français utilisent Internet pour chercher des conseils santé (et 41% de ces derniers le feraient à des fins d’auto-diagnostic), le député s’est inquiété de la place que pourrait prendre l’information disponible en ligne dans l’éducation thérapeutique du patient. Ci-dessous le verbatim de la question posée :

Ma question porte sur le suivi des prescriptions et sur l’éducation thérapeutique. Celle-ci est en passe d’être dévoyée. La loi HPST a fait de l’éducation thérapeutique un outil pour les firmes pharmaceutiques qui, d’ailleurs, font le siège des ARS depuis la sortie des décrets d’application.

Je mentionnerai également la place prise par internet dans l’éducation thérapeutique des Français. Les dernières études montrent que douze millions de Français ont recours à l’internet pour s’informer sur la santé. Le docteur Google, dit-on, est devenu le premier médecin du pays ! Les sites proposant des informations à caractère médical ne sont absolument pas encadrés et la toile ressemble à une véritable jungle, tant il est difficile de s’y retrouver. Si nous sommes tous d’accord sur la nécessité de développer en France la culture du bon usage du médicament, comment faire pour que l’éducation thérapeutique ne soit pas qu’une arme permettant aux firmes d’être « au lit du patient », réduite à l’observance des traitements, gérée indirectement par l’industrie elle-mêmevia, notamment, les associations de patients que ces mêmes firmes financent ? La boucle est bouclée !

Pourquoi, également, et ce sera ma dernière question, refuser les hyperliens vers les sites institutionnels sur les sites non certifiés et pourquoi ne pas imposer des pages d’accueil de mise en garde sur des sites du type Doctissimo.fr dont on ne sait pas qui les alimente en informations et qui n’ont pas non plus la certification HON, c’est-à-direhealth on net ?

C’est Nora Berra, secrétaire d’Etat à la santé, qui a répondu la première, revenant tout d’abord sur le rôle primordial du médecin, avec la complémentarité du pharmacien, dans l’éducation du patient.

Vous évoquez la question de l’éducation des patients. Ce sujet est crucial parce que le patient est lui-même acteur de sa propre santé. Il est l’expert de son propre parcours, de sa propre vie. Sans son implication directe, il ne peut pas y avoir de succès thérapeutique. Pour garantir un tel succès, il faut faire œuvre de pédagogie et donner une bonne information sur les bénéfices et les risques. Je considère qu’il n’existe pas de meilleur moyen d’informer le patient que de passer par le médecin traitant qui lui expliquera sa maladie, les conditions de sa prise en charge et les thérapeutiques qui lui seront prescrites. Il est, avec le pharmacien dont le rôle est complémentaire, le premier relais.

Puis sur l’information santé disponible en ligne en ces termes :

Je suis d’accord avec vous : on trouve tout et n’importe quoi sur internet. Comment le malade peut-il se retrouver dans ce panel de sites et d’informations dont les sources ne sont pas toujours évaluées ? Le label HON est une des réponses et permet justement d’identifier des sites qui offrent une information à peu près encadrée, ses émetteurs ayant respecté un cahier des charges. Toutefois, l’information et l’éducation relèvent, selon moi, de la compétence du professionnel de santé, qu’il soit médecin, pharmacien ou personnel paramédical. La responsabilité des pouvoirs publics est de promouvoir cette éducation pour la santé et d’essayer d’orienter au mieux le malade pour qu’il considère avec réserve les informations qu’il peut trouver sur les sites.

En bref, il est signifié entre les lignes qu’un quelconque projet de labellisation des sites santé rendue obligatoire par le gouvernement ne semble pas vraiment dans les tuyaux. A charge donc aux professionnels de santé d’aiguiller les patients vers les sites qu’ils leur semblent les plus pertinents. Un vrai challenge…

Source: Assemblée nationale http://www.assemblee-nationale.fr/13/cri/2010-2011/20110133.asp

(NDLSG – « Jean Mallot » : si vous avez du temps à tuer, faites une petite recherche sur le nom de ce député dans YouTube. Vous trouverez des clips de campagne pour 2012 absolument improbables)

Tags: Certification, Health on the Net, HON, HON code, Jean Mallot, Nora Berra

1 commentaire à “Docteur Google et Mister HON”

  1. Az:

    mars 14th, 2011 at 1:26


    Bonjour,

    juste pour dire que Dominique Dupagne, parfois criticable il est vrai mais qui ne l’est pas, résume parfaitement bien ce que je pense du HON que j’ai banni de mes sites depuis des années :

    http://www.atoute.org/n/article152.html

    Le Hon est une HONte.

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