Le commerce en ligne des produits de santé. Le médicament sur internet, est-ce pour demain?

Le 3 juillet 2008, le Forum des droits sur l’internetpubliait une recommandation : « Commerce en ligne et produits de santé ». 69 pages consacrées à la vente en ligne des produits de santé en général, et du médicament en particulier. Ainsi qu’un communiqué de presse.

Pour faire simple : cette recommandation va dans le sens d’une vente encadrée du médicament sur internet. En prônant un maintien du monopole actuellement en place, et en réaffirmant la nécessité d’assurer un système de vente sur internet accompagné d’un niveau de sécurité équivalent à ce qu’il existe aujourd’hui au sein du réseau officinal, ces recommandations semblent adopter une position raisonnable. Au delà de ces considérations qui semblent évidente, elles reviennent sur le fait que l’importance croissante du web va évidemment amener ce dernier à jouer un rôle de plus en plus important au sein du système de délivrance.

Alors, quels médicaments? Comment? Par qui?

Simplement, le Forum des droits sur l’internet recommande de n’autoriser la vente en ligne que des seules spécialités d’automédication, et non celle des médicaments à prescription médicale obligatoire.

Comment? L’idée de la création d’un portail géré parl’Ordre des pharmaciens est avancée. D’autre part, une position négative est adoptée à propos de l’ensemble des systèmes automatisés visant à prodiguer des conseils pharmaceutiques : la recommandation privilégie l’adoption d’un système de chat, ou de dialogue en temps réel, avec un professionnel de santé.

Par qui? La recommandation reste favorable au retrait des spécialités commandées directement en officine. Sur ce point, il est fort probable que, si le Ministère, l’Ordre, et l’AFSSAPS mettent un jour tout en oeuvre pour une vente du médicament sur internet, un autre type de livraison soit instauré… Sinon l’intérêt d’un tel chamboulement resterait minime.

Pour finir, il est probable que ce type de service, qui pourrait voir le jour avant la fin de la décennie en France, soit obligatoirement rattaché à une officine physique. Ce qui permettrait de réguler le système, de se protéger contre les initiatives douteuses, ainsi que de préserver le monopole pharmaceutique.

Dès aujourd’hui, c’est bien plus d’un pharmacien, tout juste converti au numérique, qui s’active pour être fin prêt le jour j. Alors, de grandes plateformes gérées par des groupements ou une multitude d’initiatives personnelles? A voir…

Télécharger la recommandation

Télécharger le communiqué de presse

« La présente Recommandation constitue l’une des premières contributions françaises visant à étudier l’impact d’internet sur la commercialisation et la consommation de produits de santé en ligne par les particuliers.

La réflexion devra être prolongée par les pouvoirs publics, les acteurs économiques et les utilisateurs, afin de permettre un sain développement de l’activité économique, respectueux des exigences de santé publique.

Il est souhaitable que les partenaires se réunissent, secteur par secteur, afin de fixer en concertation les grandes étapes qui permettront la mise en oeuvre opérationnelle des mesures dessinées à grands traits dans la présente Recommandation.

Le Forum recommande la signature d’un accord multiacteur ayant pour objectif de mobiliser tous les acteurs concernés par la vente des produits de santé pour une bonne diffusion de l’information et de définir, avec un calendrier opérationnel, la liste des engagements à respecter pour aboutir à une commercialisation maîtrisée des produits de santé en ligne d’une part, à la prévention et à la lutte contre les activités illicites d’autre part. »

Commerce en ligne et produits de santé

30 juin 2008

Source: http://www.foruminternet.org/

Illustration : Vidberg, http://vidberg.blog.lemonde.fr/

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