Un pharmacien en Nouvelle-Calédonie

Comment, une fois son diplôme de pharmacien en poche, partir vers de grands espaces exotiques ? C’est la question à laquelle ont su répondre les quelques pharmaciens que j’ai rencontré en Nouvelle-Calédonie.

Faisons tout d’abord un petit focus sur ces territoire d’outre mer, rattachés à la France, à l’autre bout du monde. Et tout d’abord comment y accéder ? Etonnamment, en avion… Il n’y a pas de vol direct pour ce beau territoire d’outre mer. Il faut au moins un changement pour relier Paris à Nouméa. Les plus commun sont Madagascar ou Narita (l’aéroport de Tokyo). Et il ne faut pas avoir peur des vols longs courriers : dans le cas d’une escale à Narita il faut compter 12h pour faire la liaison entre Paris et Narita suivi de 8h pour rejoindre Tontouta (l’aéroport de Nouméa). Tontouta n’étant pas ce que l’on peut appeler une ville touristique, vous devrez en plus compter de 30 minutes à 1h de navette pour enfin entrevoir Nouméa et ses plages de rêves. Le petit conseil en plus : évitez d’y aller en juillet et août et ce pour 2 raisons : les billets sont plus chers… et là-bas, juillet et août sont les 2 principaux mois d’hiver. Certes, l’hiver dans ces latitudes est assez doux (18-22°C) mais pour les gens vraiment frileux, il arrive que l’océan passe en dessous des 22°C soit en moyenne 8°C d’écart avec les mois les plus chauds. La période idéale pour aller visiter ces contrées est à l’intersaison (avril à juin ou septembre à novembre).Notre hiver correspond là bas à la saison des pluies et des tempêtes.

La Nouvelle-Calédonie est un ensemble d’îles et d’archipels mélanésiens de l’océan Pacifique Sud. Elle couvre une superficie de plus de 18 500 km² dont 16 300 km² environs représentent l’ile principale appelée la grande terre. Le reste représente les nombreuses îles et les îlots entourant l’ile principale.

On peut globalement diviser la population en 3 grand groupes.

Les kanaks et les polynésiens du sud : les indigènes (au sens propre du terme). Ce groupe représente l’essentiel de la population. Très souvent ce sont des populations pauvres vivant dans des bidons villes dans les banlieues des grandes villes ou dans des villages de cases dans les reste des terres.

Les Kaldoches : c’est le nom donné aux descendants des premiers colons. Ce sont des européens installés depuis longtemps dans ces terres. Ils sont généralement présents depuis plusieurs générations mais passé 15 à 20 ans sur la grande terre, n’importe quel « blanc » est admis comme Kaldoche.

Et enfin le dernier groupe est appelé par les locaux : les « zoreilles » . Ce groupe est constitué de tous les métropolitains venus travailler en Nouvelle Calédonie pour quelques années seulement (c’est le cas d’une grande majorité des pharmaciens présent sur l’île).

Voyons maintenant ce qu’il en est de la pharmacie dans ces belles contrées. De même qu’en France, le nombre de pharmacie est soumis au Numérus Clausus. Cette réglementation est plus restrictive qu’en métropôle par conséquent, les pharmacies sont un peu plus grosses que la moyenne des pharmacies françaises. Et même si elle n’abrite pas de faculté de pharmacie, la Nouvelle-Calédonie compte une cinquantaine d’officine sur l’ensemble de la grande terre et quelques rares sur les principales îles. Tous les pharmaciens présents ont donc été formés en France métropolitaine. Ceux que j’ai rencontré venaient principalement de Bordeaux et de Montpellier. La pratique officinale diffère peu de la pratique métropolitaine. Dans le quotidien, la délivrance reste un acte assez similaire à ce qu’il est en France, cependant, le système de remboursement diffère. Là-bas, il n’y pas de carte vitale. Il y a bien un service de remboursement assez proche de ce que l’on connaît mais toutes les formalités se font par l’intermédiaire de feuilles de remboursement assez similaires à celle que l’on utilise en « dégradé » en France. Si la pratique quotidienne reste assez similaire à ce que l’on connait en France, c’est dans la gestion de la pharmacie que la différence se fait vraiment. En effet, du fait de la distance qui sépare la Nouvelle-Calédonie et la France, les temps d’approvisionnement sont quelques peu rallongés. Le pharmacien doit compter environs 3 mois entre sa commande directe et sa livraison. En conséquence, pour les commandes en direct, le pharmacien commande l’équivalent de 6 à 9 mois de stock. Mais il n’y a pas que le direct comme moyen d’approvisionnement. On trouve aussi 2 distributeurs installés sur place. Ce sont en quelques sortes des répartiteurs. L’OCDP, complètement privé livre 3 à 4 fois pas jour leurs clients . Le GPNC, fonctionnant sur un système de coopérative, passe 2 fois par jour. Malheureusement, les ruptures de stock dans ces établissement sont monnaie courante. Pour palier à ces aléas et offrir à leur patient le meilleurs service, les pharmaciens ont généralement en stock l’équivalent de 7 à 10 jours de stock pour les références qui sortent le plus. D’un point de vue économique, il existe aussi quelques petites différences, essentiellement sur les produits vignetés. Les tarifs appliqués correspondent au prix de vente en France auquel est appliqué un coefficient multiplicateur. Les changements de prix aussi sont impactés par les temps de livraisons. En effet, les changements de prix sont appliqués avec un décalage de 3 mois afin de limiter l’impact des réductions sur les marges.

Les populations locales sont très souvent très polymédiquées. Une grande partie de la population souffre de diabète, d’hypertension artérielle ou d’insuffisance rénale. De plus la pollution engendrée par les mines de Nikel entraine une grande prévalence des cas d’insuffisances respiratoire et d’asthme.

Ce cadre de vie et de travail est idyllique. Cependant en rencontrant quelques « zoreille » on s’aperçoit que peu de personnes venues travailler en Nouvelle-Calédonie y passent toute leur vie. Nombreux sont ceux qui y passent quelques années avant de revenir s’installer en France. Tous donnent la même raison à leur retour : l’éloignement de leur famille et de leurs racines. Il s’agit en quelque sorte du mal du pays. Mais l’ensemble est unanime : ils passent là-bas des périodes extraordinaire et vivent dans des conditions uniques. Avis donc à tous les jeunes (ou moins jeunes) pharmaciens en soif d’aventure et de paysage de rêve, la Nouvelle-Calédonie vous attend…

NDLSG : ce témoignage, on le doit à Florent Davin, que vous avez peut-être déjà lu ici ou là…

7 commentaires

    1. Florent

      Il n’est pas trop difficile de trouver du travail là-bas. En effet, beaucoup de pharmaciens n’y vont que pour être assistant pendant 2 ou 3 ans, il y a donc un certain turn-over. Une des solution est effectivement de contacter les grossistes mais le plus simple est sans doute de s’adresser directement au conseil de l’ordre ou au syndicat des pharmaciens de Nouvelles Calédonie qui t’indiqueront leurs besoins.

      Cordialement.

  1. Pingback: Equivalence des diplômes de pharmaciens diplômés hors du Québec : sauvés !

  2. Sébastien

    Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant. Deux questions : est il facile de trouver du travail à Nouméa? Je suppose que c’est assez facile dans la brousse, mais qu’en est il à Nouméa même?

    Deuxième question : pour ceux qui seraient désireux de s’installer, les banques prêtent elles plus facilement qu’en métropole? Le niveau de vie est il confortable? Le turnover pour les ventes de pharmacies est il important? Bref, est il facile de s’installer en Nouvelle Calédonie?

    Cordialement

  3. AURELIE

    Bonjour,

    Depuis la réforme du mois de janvier (baisse de 9% des prix du médicament), le secteur de la pharmacie en Nouvelle Calédonie est en crise . Il est difficile de trouver des remplacements surtout sur Nouméa. De plus, les salaires ont fortement diminué (coefficient 500) et il est donc devenu difficile d’avoir un bon confort de vie sachant que le coût de la vie est très élevé. Je pense que ce n’est pas une période favorable pour s’engager dans l’achat d’une pharmacie au vu des prochaines réformes.

    J’espère avoir répondu à tes questions.

    cordialement.

    Aurélie

  4. benjamin

    bonjours, tout d’abord très bon article

    je souhaite venir travailler d’ici très peu de temps en Nouvelle Calédonie, je pars un peu dans l’inconnu. Peut ont trouver un travail assez rapidement (plutot à nouméa dans un 1er temps voir ailleur plus tard), car j’entend parler de crise de la pharmacie en Nouvelle calédonie mais la crise est partout. chez moi, à marseille aussi on parle de crise mais bon c pas non plus beyrouth …

    cordialement

  5. Marine Georges

    Bonjour,

    Je m’appelle Marine, je suis une writer freelance et je collabore avec plusieurs sites et blogs.

    Je viens de visiter votre site et j’aimerais vous proposer une collaboration éditoriale.

    Est ce l’adresse correcte?

    Dans l’attente de votre réponse.

    Je vous remercie.

    Marine

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Comment, une fois son diplôme de pharmacien en poche, partir vers de grands espaces exotiques ? C’est la question à laquelle ont su répondre les quelques pharmaciens que j’ai rencontré en Nouvelle-Calédonie.

Faisons tout d’abord un petit focus sur ces territoire d’outre mer, rattachés à la France, à l’autre bout du monde. Et tout d’abord comment y accéder ? Etonnamment, en avion… Il n’y a pas de vol direct pour ce beau territoire d’outre mer. Il faut au moins un changement pour relier Paris à Nouméa. Les plus commun sont Madagascar ou Narita (l’aéroport de Tokyo). Et il ne faut pas avoir peur des vols longs courriers : dans le cas d’une escale à Narita il faut compter 12h pour faire la liaison entre Paris et Narita suivi de 8h pour rejoindre Tontouta (l’aéroport de Nouméa). Tontouta n’étant pas ce que l’on peut appeler une ville touristique, vous devrez en plus compter de 30 minutes à 1h de navette pour enfin entrevoir Nouméa et ses plages de rêves. Le petit conseil en plus : évitez d’y aller en juillet et août et ce pour 2 raisons : les billets sont plus chers… et là-bas, juillet et août sont les 2 principaux mois d’hiver. Certes, l’hiver dans ces latitudes est assez doux (18-22°C) mais pour les gens vraiment frileux, il arrive que l’océan passe en dessous des 22°C soit en moyenne 8°C d’écart avec les mois les plus chauds. La période idéale pour aller visiter ces contrées est à l’intersaison (avril à juin ou septembre à novembre).Notre hiver correspond là bas à la saison des pluies et des tempêtes.

La Nouvelle-Calédonie est un ensemble d’îles et d’archipels mélanésiens de l’océan Pacifique Sud. Elle couvre une superficie de plus de 18 500 km² dont 16 300 km² environs représentent l’ile principale appelée la grande terre. Le reste représente les nombreuses îles et les îlots entourant l’ile principale.

On peut globalement diviser la population en 3 grand groupes.

Les kanaks et les polynésiens du sud : les indigènes (au sens propre du terme). Ce groupe représente l’essentiel de la population. Très souvent ce sont des populations pauvres vivant dans des bidons villes dans les banlieues des grandes villes ou dans des villages de cases dans les reste des terres.

Les Kaldoches : c’est le nom donné aux descendants des premiers colons. Ce sont des européens installés depuis longtemps dans ces terres. Ils sont généralement présents depuis plusieurs générations mais passé 15 à 20 ans sur la grande terre, n’importe quel « blanc » est admis comme Kaldoche.

Et enfin le dernier groupe est appelé par les locaux : les « zoreilles » . Ce groupe est constitué de tous les métropolitains venus travailler en Nouvelle Calédonie pour quelques années seulement (c’est le cas d’une grande majorité des pharmaciens présent sur l’île).

Voyons maintenant ce qu’il en est de la pharmacie dans ces belles contrées. De même qu’en France, le nombre de pharmacie est soumis au Numérus Clausus. Cette réglementation est plus restrictive qu’en métropôle par conséquent, les pharmacies sont un peu plus grosses que la moyenne des pharmacies françaises. Et même si elle n’abrite pas de faculté de pharmacie, la Nouvelle-Calédonie compte une cinquantaine d’officine sur l’ensemble de la grande terre et quelques rares sur les principales îles. Tous les pharmaciens présents ont donc été formés en France métropolitaine. Ceux que j’ai rencontré venaient principalement de Bordeaux et de Montpellier. La pratique officinale diffère peu de la pratique métropolitaine. Dans le quotidien, la délivrance reste un acte assez similaire à ce qu’il est en France, cependant, le système de remboursement diffère. Là-bas, il n’y pas de carte vitale. Il y a bien un service de remboursement assez proche de ce que l’on connaît mais toutes les formalités se font par l’intermédiaire de feuilles de remboursement assez similaires à celle que l’on utilise en « dégradé » en France. Si la pratique quotidienne reste assez similaire à ce que l’on connait en France, c’est dans la gestion de la pharmacie que la différence se fait vraiment. En effet, du fait de la distance qui sépare la Nouvelle-Calédonie et la France, les temps d’approvisionnement sont quelques peu rallongés. Le pharmacien doit compter environs 3 mois entre sa commande directe et sa livraison. En conséquence, pour les commandes en direct, le pharmacien commande l’équivalent de 6 à 9 mois de stock. Mais il n’y a pas que le direct comme moyen d’approvisionnement. On trouve aussi 2 distributeurs installés sur place. Ce sont en quelques sortes des répartiteurs. L’OCDP, complètement privé livre 3 à 4 fois pas jour leurs clients . Le GPNC, fonctionnant sur un système de coopérative, passe 2 fois par jour. Malheureusement, les ruptures de stock dans ces établissement sont monnaie courante. Pour palier à ces aléas et offrir à leur patient le meilleurs service, les pharmaciens ont généralement en stock l’équivalent de 7 à 10 jours de stock pour les références qui sortent le plus. D’un point de vue économique, il existe aussi quelques petites différences, essentiellement sur les produits vignetés. Les tarifs appliqués correspondent au prix de vente en France auquel est appliqué un coefficient multiplicateur. Les changements de prix aussi sont impactés par les temps de livraisons. En effet, les changements de prix sont appliqués avec un décalage de 3 mois afin de limiter l’impact des réductions sur les marges.

Les populations locales sont très souvent très polymédiquées. Une grande partie de la population souffre de diabète, d’hypertension artérielle ou d’insuffisance rénale. De plus la pollution engendrée par les mines de Nikel entraine une grande prévalence des cas d’insuffisances respiratoire et d’asthme.

Ce cadre de vie et de travail est idyllique. Cependant en rencontrant quelques « zoreille » on s’aperçoit que peu de personnes venues travailler en Nouvelle-Calédonie y passent toute leur vie. Nombreux sont ceux qui y passent quelques années avant de revenir s’installer en France. Tous donnent la même raison à leur retour : l’éloignement de leur famille et de leurs racines. Il s’agit en quelque sorte du mal du pays. Mais l’ensemble est unanime : ils passent là-bas des périodes extraordinaire et vivent dans des conditions uniques. Avis donc à tous les jeunes (ou moins jeunes) pharmaciens en soif d’aventure et de paysage de rêve, la Nouvelle-Calédonie vous attend…

NDLSG : ce témoignage, on le doit à Florent Davin, que vous avez peut-être déjà lu ici ou là…

7 commentaires

    1. Florent

      Il n’est pas trop difficile de trouver du travail là-bas. En effet, beaucoup de pharmaciens n’y vont que pour être assistant pendant 2 ou 3 ans, il y a donc un certain turn-over. Une des solution est effectivement de contacter les grossistes mais le plus simple est sans doute de s’adresser directement au conseil de l’ordre ou au syndicat des pharmaciens de Nouvelles Calédonie qui t’indiqueront leurs besoins.

      Cordialement.

  1. Pingback: Equivalence des diplômes de pharmaciens diplômés hors du Québec : sauvés !

  2. Sébastien

    Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant. Deux questions : est il facile de trouver du travail à Nouméa? Je suppose que c’est assez facile dans la brousse, mais qu’en est il à Nouméa même?

    Deuxième question : pour ceux qui seraient désireux de s’installer, les banques prêtent elles plus facilement qu’en métropole? Le niveau de vie est il confortable? Le turnover pour les ventes de pharmacies est il important? Bref, est il facile de s’installer en Nouvelle Calédonie?

    Cordialement

  3. AURELIE

    Bonjour,

    Depuis la réforme du mois de janvier (baisse de 9% des prix du médicament), le secteur de la pharmacie en Nouvelle Calédonie est en crise . Il est difficile de trouver des remplacements surtout sur Nouméa. De plus, les salaires ont fortement diminué (coefficient 500) et il est donc devenu difficile d’avoir un bon confort de vie sachant que le coût de la vie est très élevé. Je pense que ce n’est pas une période favorable pour s’engager dans l’achat d’une pharmacie au vu des prochaines réformes.

    J’espère avoir répondu à tes questions.

    cordialement.

    Aurélie

  4. benjamin

    bonjours, tout d’abord très bon article

    je souhaite venir travailler d’ici très peu de temps en Nouvelle Calédonie, je pars un peu dans l’inconnu. Peut ont trouver un travail assez rapidement (plutot à nouméa dans un 1er temps voir ailleur plus tard), car j’entend parler de crise de la pharmacie en Nouvelle calédonie mais la crise est partout. chez moi, à marseille aussi on parle de crise mais bon c pas non plus beyrouth …

    cordialement

  5. Marine Georges

    Bonjour,

    Je m’appelle Marine, je suis une writer freelance et je collabore avec plusieurs sites et blogs.

    Je viens de visiter votre site et j’aimerais vous proposer une collaboration éditoriale.

    Est ce l’adresse correcte?

    Dans l’attente de votre réponse.

    Je vous remercie.

    Marine

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Comment, une fois son diplôme de pharmacien en poche, partir vers de grands espaces exotiques ? C’est la question à laquelle ont su répondre les quelques pharmaciens que j’ai rencontré en Nouvelle-Calédonie.

Faisons tout d’abord un petit focus sur ces territoire d’outre mer, rattachés à la France, à l’autre bout du monde. Et tout d’abord comment y accéder ? Etonnamment, en avion… Il n’y a pas de vol direct pour ce beau territoire d’outre mer. Il faut au moins un changement pour relier Paris à Nouméa. Les plus commun sont Madagascar ou Narita (l’aéroport de Tokyo). Et il ne faut pas avoir peur des vols longs courriers : dans le cas d’une escale à Narita il faut compter 12h pour faire la liaison entre Paris et Narita suivi de 8h pour rejoindre Tontouta (l’aéroport de Nouméa). Tontouta n’étant pas ce que l’on peut appeler une ville touristique, vous devrez en plus compter de 30 minutes à 1h de navette pour enfin entrevoir Nouméa et ses plages de rêves. Le petit conseil en plus : évitez d’y aller en juillet et août et ce pour 2 raisons : les billets sont plus chers… et là-bas, juillet et août sont les 2 principaux mois d’hiver. Certes, l’hiver dans ces latitudes est assez doux (18-22°C) mais pour les gens vraiment frileux, il arrive que l’océan passe en dessous des 22°C soit en moyenne 8°C d’écart avec les mois les plus chauds. La période idéale pour aller visiter ces contrées est à l’intersaison (avril à juin ou septembre à novembre).Notre hiver correspond là bas à la saison des pluies et des tempêtes.

La Nouvelle-Calédonie est un ensemble d’îles et d’archipels mélanésiens de l’océan Pacifique Sud. Elle couvre une superficie de plus de 18 500 km² dont 16 300 km² environs représentent l’ile principale appelée la grande terre. Le reste représente les nombreuses îles et les îlots entourant l’ile principale.

On peut globalement diviser la population en 3 grand groupes.

Les kanaks et les polynésiens du sud : les indigènes (au sens propre du terme). Ce groupe représente l’essentiel de la population. Très souvent ce sont des populations pauvres vivant dans des bidons villes dans les banlieues des grandes villes ou dans des villages de cases dans les reste des terres.

Les Kaldoches : c’est le nom donné aux descendants des premiers colons. Ce sont des européens installés depuis longtemps dans ces terres. Ils sont généralement présents depuis plusieurs générations mais passé 15 à 20 ans sur la grande terre, n’importe quel « blanc » est admis comme Kaldoche.

Et enfin le dernier groupe est appelé par les locaux : les « zoreilles » . Ce groupe est constitué de tous les métropolitains venus travailler en Nouvelle Calédonie pour quelques années seulement (c’est le cas d’une grande majorité des pharmaciens présent sur l’île).

Voyons maintenant ce qu’il en est de la pharmacie dans ces belles contrées. De même qu’en France, le nombre de pharmacie est soumis au Numérus Clausus. Cette réglementation est plus restrictive qu’en métropôle par conséquent, les pharmacies sont un peu plus grosses que la moyenne des pharmacies françaises. Et même si elle n’abrite pas de faculté de pharmacie, la Nouvelle-Calédonie compte une cinquantaine d’officine sur l’ensemble de la grande terre et quelques rares sur les principales îles. Tous les pharmaciens présents ont donc été formés en France métropolitaine. Ceux que j’ai rencontré venaient principalement de Bordeaux et de Montpellier. La pratique officinale diffère peu de la pratique métropolitaine. Dans le quotidien, la délivrance reste un acte assez similaire à ce qu’il est en France, cependant, le système de remboursement diffère. Là-bas, il n’y pas de carte vitale. Il y a bien un service de remboursement assez proche de ce que l’on connaît mais toutes les formalités se font par l’intermédiaire de feuilles de remboursement assez similaires à celle que l’on utilise en « dégradé » en France. Si la pratique quotidienne reste assez similaire à ce que l’on connait en France, c’est dans la gestion de la pharmacie que la différence se fait vraiment. En effet, du fait de la distance qui sépare la Nouvelle-Calédonie et la France, les temps d’approvisionnement sont quelques peu rallongés. Le pharmacien doit compter environs 3 mois entre sa commande directe et sa livraison. En conséquence, pour les commandes en direct, le pharmacien commande l’équivalent de 6 à 9 mois de stock. Mais il n’y a pas que le direct comme moyen d’approvisionnement. On trouve aussi 2 distributeurs installés sur place. Ce sont en quelques sortes des répartiteurs. L’OCDP, complètement privé livre 3 à 4 fois pas jour leurs clients . Le GPNC, fonctionnant sur un système de coopérative, passe 2 fois par jour. Malheureusement, les ruptures de stock dans ces établissement sont monnaie courante. Pour palier à ces aléas et offrir à leur patient le meilleurs service, les pharmaciens ont généralement en stock l’équivalent de 7 à 10 jours de stock pour les références qui sortent le plus. D’un point de vue économique, il existe aussi quelques petites différences, essentiellement sur les produits vignetés. Les tarifs appliqués correspondent au prix de vente en France auquel est appliqué un coefficient multiplicateur. Les changements de prix aussi sont impactés par les temps de livraisons. En effet, les changements de prix sont appliqués avec un décalage de 3 mois afin de limiter l’impact des réductions sur les marges.

Les populations locales sont très souvent très polymédiquées. Une grande partie de la population souffre de diabète, d’hypertension artérielle ou d’insuffisance rénale. De plus la pollution engendrée par les mines de Nikel entraine une grande prévalence des cas d’insuffisances respiratoire et d’asthme.

Ce cadre de vie et de travail est idyllique. Cependant en rencontrant quelques « zoreille » on s’aperçoit que peu de personnes venues travailler en Nouvelle-Calédonie y passent toute leur vie. Nombreux sont ceux qui y passent quelques années avant de revenir s’installer en France. Tous donnent la même raison à leur retour : l’éloignement de leur famille et de leurs racines. Il s’agit en quelque sorte du mal du pays. Mais l’ensemble est unanime : ils passent là-bas des périodes extraordinaire et vivent dans des conditions uniques. Avis donc à tous les jeunes (ou moins jeunes) pharmaciens en soif d’aventure et de paysage de rêve, la Nouvelle-Calédonie vous attend…

NDLSG : ce témoignage, on le doit à Florent Davin, que vous avez peut-être déjà lu ici ou là…

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